mémoire

Là d’où je viens

Je viens d’un pays traversé par une ligne imaginaire qui marque la séparation entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud. Il y fait chaud et humide.
c’est un pays marquée par deux saisons dont une saison des pluies et une saison sèche où la température ne descend jamais bien en dessous des 20 degrés.
Aussi loin que je me rappelle, une enfance heureuse nourrit par le souvenir d’un pays prospère où la richesse des sols et du pétrole nous promettait une vie meilleure. Je me rappelle de ces arbres typiques à fleurs rouges, ces magnifiques flamboyants qui longeaient les bords des routes du centre ville. Dans ces souvenirs heureux, je me rappelle des odeurs, celles des préparations de beignets, des fumées de grillades de toutes sortes, poissons, gamouches, moutons, je me souviens des bruits incessants d’une ville en perpétuel mouvement . Je me souviens des histoires de sorcellerie racontée par ma voisine dont il était parfois difficile de dissocier le vrai du faux, je me souviens des nuits endiablées quand la fougue de la jeunesse nous prenait en pleine face, je me souviens de cet insouciance qui y régnait, bercée par la quiétude et la tranquillité d’une vie paisible sous les tropiques.
En 1997, une guerre civile éclata, elle aura eu raison de nous, elle nous aura traumatisé laissant place aux armes, à la peur, à l’insécurité, à des violences auxquelles personnes n’est jamais réellement préparé.
Cette guerre civile aura crée division, haine et beaucoup d’amertumes.
Ce pays aura été déchiré, ses richesses exploitées et volées.
Elle aura laissé place à plus de perversions, plus de corruptions, telle une gangrène dont on a du mal à se débarrasser . Je viens d’une ville où les massolos vont bon train, les m’as tu vu sont une compétence validé et nécessaire pour donner un statut respectable, un endroit où la citation  » la raison du plus fort est toujours la meilleure » n’est pas qu’un adage mais une réalité quotidienne.
Je viens d’un pays où les traces de la colonisation sont encore présents, emportant avec elle la dénaturation des coutumes et traditions, déformant presque la reconstruction de ce pays, payant encore aujourd’hui le prix fort de l’indépendance tant recherchée. Un pays que j’ai quitté il y’a 13 ans, que j’ai dans la peau et pourtant que je connais si peu, qui renferme encore des trésors, et des secrets emportés par la mémoire de nos ancêtres.

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